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- L’état des lieux avant la liste de courses
- Ce qui s’achète tout de suite, ce qui peut patienter
- La note sur dix qui a changé de nom en rayon
- Le prix affiché n’est pas le prix payé
- Le rayon de l’occasion, entre bonne affaire et pari
- Les coups de pouce qu’on oublie de demander
- Ce que ces premiers appareils engagent
Le jour où l’on récupère les clés d’un premier logement, la pièce paraît immense et la liste d’achats sans fin. S’équiper, c’est réunir les appareils qui rendent un logement vivable : conserver ses aliments, cuire un repas, laver son linge. Le réseau Envie rappelle qu’un foyer français possède en moyenne sept gros appareils ménagers et près de douze petits.
Ce parc se constitue par couches successives, jamais en un après-midi de magasin. Entre le budget, la place réelle dans la cuisine et ce que le logement fournit déjà, l’ordre des achats compte plus que la marque retenue. Un appareil mal dimensionné coûte deux fois, à l’achat puis à l’usage. Par où commencer quand tout manque en même temps ?
L’état des lieux avant la liste de courses
Avant de comparer des modèles, le plus utile se joue dans le logement. La Caf, dans son magazine Vies de famille, conseille de vérifier les équipements déjà fournis et leur état de marche. En location meublée, une liste réglementaire s’impose au bailleur, et ce que le bailleur peut exiger en retour est tout aussi encadré. Un réfrigérateur déjà en place décale un achat de plusieurs mois.
Viennent ensuite les mesures. L’espace disponible décide à lui seul de l’ouverture par le haut ou du hublot en façade, note la Caf : c’est le logement qui impose le format. Les branchements méritent le même coup d’œil, arrivée d’eau, évacuation, nombre de prises, sous peine de frais d’installation absents du budget.
Le dimensionnement suit la même logique. L’Ademe estime qu’un lave-linge de 7 kg suffit la plupart du temps et qu’un réfrigérateur de 150 à 250 litres couvre un foyer de deux ou trois personnes. Voir trop grand se paie chaque mois, pour un confort qui ne sert jamais.
Ce qui s’achète tout de suite, ce qui peut patienter
Tout n’a pas la même urgence dans un logement vide. Une hiérarchie simple étale la dépense sans se priver de l’essentiel, et évite l’achat impulsif que la Caf place en tête des pièges.
- le froid, réfrigérateur ou combiné, qui conditionne toute la façon de faire ses courses ;
- la cuisson, plaques et four, sans lesquels le budget alimentaire glisse vers le tout prêt ;
- le lavage du linge, dont le coût en laverie se rattrape en quelques mois ;
- le reste, sèche-linge, lave-vaisselle ou micro-ondes, à mesure que la situation se stabilise.
Le sèche-linge illustre ce report. L’Ademe rappelle qu’il consomme en moyenne trois fois plus d’énergie qu’un lave-linge : l’acheter en premier alourdit la facture avant même d’avoir posé un canapé.
Un dernier point mérite attention. La Caf décrit les modèles premier prix comme peu durables et souvent plus coûteux à long terme : un appareil remplacé au bout de trois ans revient plus cher qu’un modèle intermédiaire qui en tient dix. La réglementation tente justement de rendre cet écart lisible en rayon.
La note sur dix qui a changé de nom en rayon
Depuis la loi du 10 février 2020 contre le gaspillage et pour l’économie circulaire, les appareils électroniques portent une note sur dix disant à quel point ils se réparent. L’indice de réparabilité est arrivé en rayon en 2021 sur les smartphones, téléviseurs, lave-linge et aspirateurs, avec un pictogramme en forme d’outils.
Le paysage a bougé au début de l’année 2025. Téléviseurs et lave-linge affichent désormais un indice de durabilité, reconnaissable à son sablier, qui reprend la réparabilité et y ajoute la fiabilité : résistance à l’usure, facilité d’entretien, durée de garantie. Les autres appareils gardent l’ancien indice, faute de tests harmonisés entre fabricants.
Ces notes pèsent sur les achats. Selon l’Ademe, 62 % des Français connaissent l’indice de réparabilité, 71 % de ceux qui le connaissent le jugent fiable et 68 % estiment qu’il comptera dans leurs prochains achats. La Direction interministérielle de la transformation publique relevait en 2023 que la note moyenne des smartphones avait gagné 12 % entre janvier 2021 et décembre 2022.
Quand les consommateurs ont le choix entre deux produits de gamme équivalente, ils sont prêts à abandonner leur marque de préférence pour un objet plus réparable.
Anne-Charlotte Bonjean, coordinatrice du pôle durabilité et ressources à l’Ademe, entretien publié dans ADEME Infos en octobre 2025
Cette note annonce ce qui se passera en cas de panne, pas ce qui se passera à l’usage. Elle ne dit rien de l’arrêt du suivi décidé par un fabricant. Pour le portefeuille du foyer, c’est l’étiquette énergie qui parle le plus fort.
Le prix affiché n’est pas le prix payé
Un appareil se paie deux fois, en caisse puis chaque mois pendant dix ou quinze ans. L’étiquette énergie a été refondue le 1er mars 2021 sur une échelle lisible de A à G, à la place des classes A+, A++ et A+++ devenues indéchiffrables. Les ménages européens pourraient économiser 150 € par an grâce à cet affichage, estime la Commission européenne.
Le chiffrage du guide Topten, relayé par l’Ademe, donne l’ordre de grandeur. Sur quinze ans et pour sept appareils du quotidien, un logement équipé de modèles bien classés revient à 2 000 € d’électricité, contre 4 800 € avec des appareils peu efficaces. Le simple au double, pour un usage identique : de quoi relativiser cent euros d’écart en caisse et mieux lire ce qui alourdit une facture d’électricité.
Le rayon de l’occasion, entre bonne affaire et pari
L’occasion change beaucoup de choses au budget d’installation, à condition de savoir ce que l’on achète. Les magasins de reconditionnement occupent le haut du panier : le réseau Envie compte 54 boutiques d’électroménager en France et vend 30 à 60 % moins cher que le neuf équivalent, avec vingt-quatre mois de garantie valables partout.
Le travail derrière ce prix explique la garantie. Remettre une machine en état mobilise en moyenne trois appareils et cinq heures, et un lave-linge ainsi sauvé évite près de 45 kg de déchets. Ressourceries et boutiques solidaires jouent sur un autre registre, des prix planchers contre des contrôles plus légers.
Chez un particulier, la vigilance change de nature. La Caf conseille de réclamer systématiquement la facture d’origine, seule pièce qui rattache l’appareil à une date d’achat et à une garantie constructeur. L’absence de recours coûte parfois plus cher que l’économie réalisée. Neufs ou d’occasion, ces achats ouvrent d’ailleurs droit à des aides méconnues.
Les coups de pouce qu’on oublie de demander
Plusieurs dispositifs financent l’installation, et beaucoup passent sous le radar faute d’être demandés. Ils se cumulent parfois entre eux, selon la situation et la commune. La Caf en recense plusieurs.
- le Fonds de solidarité pour le logement, pour le mobilier de première nécessité ;
- l’aide à l’installation d’Action Logement, jusqu’à 1 000 € pour les jeunes qui entrent dans l’emploi ;
- l’avance Loca-Pass, prêt à taux zéro destiné au dépôt de garantie ;
- l’aide AILE à Paris, 900 € pour les étudiants boursiers ;
- les dispositifs locaux, à demander au CCAS, à la mairie, au Crous ou à un point conseil budget.
Certains régimes de protection sociale accordent aussi des prêts d’équipement en cas de besoin urgent, ce que peu de nouveaux locataires vérifient auprès de leur assureur. Un dossier déposé avant l’emménagement laisse le temps d’arbitrer sans décider dans l’urgence.
Ce que ces premiers appareils engagent
Les appareils choisis dans les premières semaines resteront là longtemps. Un lave-linge acheté à vingt-trois ans accompagne souvent un déménagement, parfois deux, et un réfrigérateur mal classé traîne sa surconsommation quinze ans durant. Le budget d’un été pèse sur des années qu’on n’imagine pas encore.
Ce qui prolonge cette durée tient moins au prix payé qu’aux gestes d’entretien réguliers, détartrage, filtres, joints. L’Ademe le rappelle en intégrant la facilité d’entretien dans son indice de durabilité : un appareil se garde autant qu’il se choisit.
Reste une question qui dépasse le premier logement. Le marché de l’occasion progresse sur le petit matériel et demeure marginal sur le gros électroménager, alors même que les circuits professionnels garantissent aujourd’hui vingt-quatre mois. L’écart entre l’offre disponible et les réflexes d’achat se referme lentement, souvent au moment précis où l’on s’installe.

