Dormir avec son chat dans le lit : ce que disent vraiment les études

Près d'une femme sur trois partage son lit avec un chat, selon une étude américaine. Réconfort, réveils à l'aube, allergies : ce que la recherche sait du sommeil partagé avec un félin, et les précautions à prendre.

Femme endormie dans son lit au petit matin, un chat tigré roulé en boule sur la couette
Le chat dort environ 18 heures par jour, en siestes successives, mais reste plus actif à l'aube et au crépuscule.
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Il s’installe au pied du lit au moment d’éteindre la lumière, migre vers l’oreiller vers deux heures du matin et réclame son repas à l’aube : pour beaucoup de propriétaires, le chat fait partie de la nuit. Une étude américaine menée auprès de près de mille femmes montre que près d’une sur trois partage son lit avec un chat, presque autant qu’avec un conjoint.

Réconfortant pour les uns, source de réveils pour les autres, ce compagnonnage nocturne divise. La recherche sur le sommeil partagé avec un animal reste jeune, mais elle commence à livrer des résultats nuancés, loin des promesses d’un sommeil miraculeusement réparateur. Dormir avec son chat améliore-t-il vraiment les nuits, et quelles précautions prendre ?

Pourquoi le chat choisit-il de dormir dans le lit ?

Le lit réunit tout ce qu’un chat recherche pour dormir : la chaleur, une odeur familière et la présence d’une personne de confiance, explique la vétérinaire comportementaliste Wailani Sung. La tête, souvent la seule partie du corps qui dépasse de la couette, attire particulièrement les chats frileux.

Ce choix n’a rien d’un caprice. Le chat dort beaucoup, environ 18 heures par jour selon la vétérinaire Sandra Mitchell, en une série de siestes de 78 minutes en moyenne. Il cherche donc des endroits sûrs où s’assoupir à répétition, et le lit de ses humains coche toutes les cases. Nous avons consacré un article à cette passion des chats pour nos oreillers.

Dormir avec un chat perturbe-t-il le sommeil ?

Un peu, selon les études disponibles : dans l’enquête de la chercheuse Christy Hoffman, publiée en 2018 dans la revue Anthrozoös, le chat dérange le sommeil autant qu’un conjoint, et il apporte moins de sentiment de confort et de sécurité qu’un chien. Il passerait aussi moins de temps sur le lit.

La raison tient à son rythme. Le chat est un animal dit crépusculaire, plus actif à l’aube et au crépuscule, quand il chasserait dans la nature, rappellent les vétérinaires comportementalistes Debra Horwitz et Gary Landsberg. Ses phases d’activité tombent donc en pleine nuit pour les humains, ou très tôt le matin.

La chercheuse relie cette différence aux horaires de coucher de leurs propriétaires. Dans son étude, portant sur 962 Américaines, les femmes qui n’avaient qu’un chat se couchaient plus tard et se levaient plus tard que celles qui avaient un chien, comme si le rythme de l’animal déteignait sur celui de la maison.

Les rythmes de sommeil des chiens coïncident davantage avec ceux des humains que ceux des chats, ce qui pourrait expliquer que les maîtresses de chien s’en tiennent à des horaires de sommeil plus stricts.

Christy L. Hoffman, professeure associée en comportement animal au Canisius College (Buffalo, États-Unis), communiqué de l’université du 11 mars 2019 sur son étude publiée dans Anthrozoös (traduction)

La même chercheuse invite toutefois à ne pas généraliser : selon elle, certains chiens font de très mauvais compagnons de lit, et certains chats peuvent améliorer le sommeil de leur maître. Tout dépend de l’animal, de son âge et de ses habitudes. Un chat âgé, qui dort davantage et chasse moins, ne se comporte pas la nuit comme un jeune chat plein d’énergie, et un chat qui sort la nuit n’a pas les mêmes besoins qu’un chat d’appartement.

Que disent les études sur le sommeil partagé avec un animal ?

Elles restent peu nombreuses et portent surtout sur les chiens : en 2017, la Mayo Clinic a observé chez 40 adultes que le sommeil est moins efficace quand l’animal dort sur le lit plutôt que simplement dans la chambre. Aucune étude comparable n’existe pour l’instant sur les chats.

Une autre enquête de la Mayo Clinic, menée auprès de patients d’un centre du sommeil, montrait que 10 % d’entre eux se plaignaient d’un sommeil perturbé par leur animal, contre 1 % dix ans plus tôt. Ce chiffre reflète aussi la place croissante des animaux dans les chambres. Le constat vaut pour le sommeil avec un chien, dont les effets font l’objet des mêmes débats.

Quels risques pour la santé ?

Le premier risque est allergique : selon une revue publiée en 2018, 10 à 30 % de la population générale est sensibilisée au chat, et jusqu’à 40 % des personnes ayant un terrain allergique. Le principal allergène, Fel d 1, est produit par la peau du chat et se dépose sur la literie.

  • l’allergie, qui peut se révéler ou s’aggraver avec une exposition prolongée pendant la nuit ;
  • la maladie des griffes du chat, due à une bactérie que portent environ 40 % des chats européens à un moment de leur vie, selon l’Assurance maladie ;
  • la pasteurellose, après une morsure ou une griffure, qui touche surtout les nourrissons et les personnes immunodéprimées ;
  • les puces et autres parasites, que le chat peut ramener dans les draps.

L’Assurance maladie recommande de se laver systématiquement les mains, de brosser régulièrement le chat et de le traiter avec un antiparasitaire. Pour un bébé, une personne immunodéprimée ou allergique, garder le chat hors de la chambre reste la précaution la plus simple. Laver régulièrement draps et housses de couette à bonne température limite aussi l’accumulation des allergènes, qui persistent longtemps dans les tissus. Selon la même revue scientifique, le niveau d’allergène revient à son niveau habituel deux jours seulement après un lavage du chat, ce qui rend cette solution peu efficace.

Un choix qui se construit à deux

Dormir avec son chat relève finalement moins de la santé que de l’équilibre entre deux rythmes. Les vétérinaires comportementalistes conseillent de programmer jeux et repas en soirée pour caler l’activité du chat sur celle du foyer et limiter les réveils à l’aube.

Si les nuits restent hachées, une couverture sur un fauteuil ou un panier près du lit offre souvent un compromis acceptable pour tout le monde. La qualité du sommeil dépend de tant d’autres facteurs, de l’écran du soir à la température de la chambre, que le chat n’est qu’une pièce du puzzle, comme le rappellent les astuces pour mieux dormir qui s’appliquent à tous les foyers, avec ou sans animal.

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3 réactions sur « Dormir avec son chat dans le lit : ce que disent vraiment les études »

  1. Bonjour

    Je confirme. Ma minouche qui est dehors une partie de la nuit quand même elle rentre son rituel c’est faire son câlin au creux de mon bras puis s’allonger sur la couette de tout son long contre moi. Mon sommeil est paisible et réparateur. Si elle ne vient pas je le ressent. Comme quoi les chats savent nous apporter du bien etre

    Merci ❤️❤️

  2. Tout cela est bien vrai,mon chat a 7ans et pour la première fois je me suis absenté 24h , mais quel joie de se retrouver pour tout les deux, et bien sûr il dort avec moi

  3. Je confirme aussi mais je ne dors mieux que quand il est rentré de sa balade nocturne et que je l’entends s’installer sur le lit…

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