Heure d’hiver : comment aider toute la maison à retrouver son rythme

Dans la nuit du 24 au 25 octobre, les horloges reculent d'une heure. Une heure de sommeil gagnée sur le papier, mais un décalage que le corps, les enfants et même le chat mettent plusieurs jours à digérer.

Une femme sur un tabouret règle l'horloge murale d'une cuisine, un enfant en pyjama bâille devant son bol, un chat attend.
Au passage à l'heure d'hiver, il faut entre deux et sept jours à l'organisme pour se recaler, selon l'Inserm.
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Dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre, les horloges reculeront d’une heure. Sur le papier, c’est un cadeau : soixante minutes de sommeil offertes un dimanche matin. Dans les faits, les enfants se réveillent à l’heure d’avant, le chat réclame sa gamelle trop tôt et le four affiche encore l’heure d’été jusqu’à la Toussaint.

Le changement d’heure désigne ce décalage saisonnier de l’heure légale, dont le calendrier est commun à toute l’Union européenne depuis 1996. Il ne pèse pas sur tout le monde de la même façon, selon l’âge, la qualité du sommeil et les horaires de la semaine. Comment ce petit saut d’aiguilles bouscule-t-il l’organisme, et que faire pour que toute la maison retrouve vite son rythme ?

Quand passe-t-on à l’heure d’hiver en 2026 ?

Le passage à l’heure d’hiver a lieu dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026 : à 3 heures du matin, il sera 2 heures. La règle européenne fixe ce recul au dernier dimanche d’octobre, à 1 heure en temps universel, ce qui correspond à 3 heures à Paris.

En France, le dispositif remonte à 1976, au lendemain du premier choc pétrolier, avec une idée simple : profiter d’une heure de lumière naturelle en plus le soir pendant les mois clairs. Smartphones, ordinateurs et box se mettent à jour tout seuls. Restent le four, le micro-ondes, le tableau de bord de la voiture et le radio-réveil, à régler à la main, et surtout l’horloge interne de chacun, qui n’a pas de bouton de réglage.

Combien de temps faut-il au corps pour s’adapter au changement d’heure ?

Il faut en général entre deux et sept jours selon l’Inserm pour que l’organisme se recale sur la nouvelle heure. Le sommeil, l’appétit et la vigilance suivent une horloge biologique que la lumière remet à l’heure chaque matin ; un décalage d’une heure la désorganise le temps qu’elle se réajuste.

Le Dr Hakki Onen, médecin du sommeil à Lyon, situe cette période de flottement autour de trois à cinq jours, et jusqu’à une dizaine de jours chez certaines personnes. Les plus sensibles sont les nourrissons, les jeunes enfants et les personnes âgées, dont les rythmes sont plus réguliers et moins souples, mais aussi tous ceux dont les nuits sont déjà fragiles.

Ce dernier groupe n’a rien d’une minorité : d’après les chiffres repris par ce spécialiste, 41 % des Français souffrent de troubles du sommeil. Ceux qui vivent avec des horaires de travail décalés connaissent bien cette sensation de journée qui commence à contretemps. Le passage d’octobre reste le plus doux des deux, puisqu’il rend une heure au lieu d’en prendre une, et quelques gestes suffisent à l’adoucir encore.

Les gestes qui recalent l’horloge de toute la maison

Le principe défendu par les spécialistes du sommeil tient en une phrase : déplacer les repères par petites touches plutôt que d’un bloc. Cinq habitudes font l’essentiel du travail :

  • décaler le coucher et le lever de 15 minutes par jour, trois jours avant le changement, pour arriver au dimanche presque à la bonne heure ;
  • sortir à la lumière du jour dès le matin, car c’est le signal le plus puissant pour remettre l’horloge interne à l’heure ;
  • garder des heures de repas fixes, qui servent elles aussi de repère à l’organisme ;
  • éteindre les écrans un moment avant le coucher, leur lumière bleue retardant l’endormissement ;
  • préférer une sieste courte de 10 à 20 minutes en début d’après-midi à une grasse matinée qui prolonge le décalage.

Chez les plus petits, l’astuce consiste à repousser d’un quart d’heure, chaque soir, le rituel du coucher, à partir du mercredi précédent. Le lundi, une routine matinale bien installée fait le reste : mêmes gestes, même ordre, même petit-déjeuner, et l’enfant suit ses repères plutôt que l’aiguille.

Les animaux de compagnie, eux, ignorent tout de l’heure légale et réclament leur repas à l’heure d’été pendant plusieurs jours. Décaler leur gamelle de 15 minutes par jour leur évite de vivre le changement comme une heure de jeûne en plus. Reste une question que beaucoup se posent en réglant le four : à quoi sert encore cette gymnastique ?

Pourquoi change-t-on encore d’heure deux fois par an ?

Le changement d’heure a été créé pour économiser l’électricité de l’éclairage, et ce gain est devenu marginal : d’après l’Ademe, il atteignait environ 440 GWh en 2009, contre près de 351 GWh ces dernières années, soit 0,07 % de la consommation d’électricité du pays.

Les ampoules basse consommation puis les LED ont réduit la part de l’éclairage dans la consommation, et le chauffage, l’eau chaude ou les gros appareils figurent désormais parmi les postes qui pèsent sur la facture, bien avant les lampes du salon. Ce constat nourrit les critiques jusqu’au sommet des États, comme en Espagne, où le chef du gouvernement a publiquement demandé la fin du dispositif à l’automne 2025.

La science nous dit qu’il ne permet plus d’économiser l’énergie et qu’il perturbe nos rythmes biologiques deux fois par an.

Pedro Sánchez, président du gouvernement espagnol, dans une vidéo publiée sur son compte X le 20 octobre 2025

Le gouvernement espagnol affirme que deux Espagnols sur trois sont favorables à la suppression, et Madrid a porté le sujet devant les ministres européens de l’Énergie à Luxembourg. Reste à savoir si cette offensive peut réellement faire bouger le calendrier.

Le changement d’heure va-t-il bientôt disparaître ?

Rien n’est décidé, et le passage à l’heure d’été reste prévu le 28 mars 2027. En 2018, une consultation de la Commission européenne a réuni 4,6 millions de participants, dont plus de 80 % favorables à la fin du système. Le Parlement européen a voté la suppression en 2019, mais les États membres ne se sont jamais accordés.

Le blocage tient à une question que personne n’a tranchée : garder l’heure d’été ou l’heure d’hiver toute l’année. Aucun pays ne veut se retrouver avec une heure différente de celle de ses voisins, ce qui compliquerait les trains, les vols et les échanges. L’Ukraine a pourtant franchi le pas en juillet 2024, en légiférant pour conserver l’heure d’hiver en permanence.

Les médecins du sommeil penchent d’ailleurs plutôt pour l’heure d’hiver, que le Dr Onen juge plus proche de nos rythmes biologiques internes. Une heure d’été permanente laisserait des matins noirs jusqu’à 10 heures passées à Brest en décembre, ce que les parents d’écoliers imaginent sans peine.

Une heure rendue, et l’usage qu’on en fait

Le dimanche 25 octobre durera vingt-cinq heures, une rareté que le calendrier n’offre qu’une fois par an. Beaucoup la passeront à dormir, d’autres à remettre les pendules à l’heure, une à une, en se demandant pourquoi le micro-ondes résiste toujours autant.

Le vrai changement se joue pourtant le soir. Avec l’heure d’hiver, la nuit tombera à Paris avant 18 heures, et chaque jour raccourcira encore jusqu’au 21 décembre. La lumière du matin, elle, revient pour quelques semaines : un trajet à pied vers l’école, un café près de la fenêtre ou une promenade avant le travail prennent soudain une autre valeur, celle d’un réglage discret que l’horloge interne attend chaque jour.

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