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- Pourquoi le chrysanthème est-il la fleur de la Toussaint ?
- Comment choisir un chrysanthème qui fleurira jusqu’en décembre ?
- Combien de fois faut-il arroser un chrysanthème sur une tombe ?
- Ce que coûte le fleurissement de la Toussaint à un foyer
- Peut-on garder son chrysanthème après la Toussaint ?
- Comment bouturer un chrysanthème pour multiplier ses pots ?
- Une fleur de saison qui peut revenir d’une Toussaint à l’autre
Fin octobre, les allées des jardineries et les abords des cimetières se couvrent de boules jaunes, pourpres et blanches. Le chrysanthème, plante vivace venue d’Asie qui fleurit quand les jours raccourcissent, reste la fleur que l’on pose sur les tombes à la Toussaint, au point d’en être devenu le symbole.
Selon le bilan Kantar réalisé pour FranceAgriMer et Valhor, 4 millions de foyers ont acheté des végétaux pour la Toussaint en 2024, et le chrysanthème a représenté 64 % des quantités. Beaucoup de ces pots finissent pourtant à la benne mi-novembre, fanés ou gelés. Comment choisir un pot qui tienne jusqu’aux premiers froids, l’arroser sans le noyer, et surtout le faire refleurir l’automne suivant ?
Pourquoi le chrysanthème est-il la fleur de la Toussaint ?
Le chrysanthème s’est imposé parce qu’il fleurit naturellement en octobre et en novembre, quand presque tout le jardin s’éteint. Le 11 novembre 1919, Raymond Poincaré exige que tous les monuments aux morts soient fleuris : la plante, abondante et résistante au froid, devient la fleur du souvenir, puis gagne les tombes familiales.
D’après la Ville de Paris, qui produit environ 75 000 pieds dans ses pépinières municipales, la plante était déjà cultivée en Chine il y a deux mille ans et ses premières boutures sont arrivées en France en 1789. Ce statut funéraire lui colle à la peau chez nous, alors qu’à Tokyo une exposition de chrysanthèmes attire chaque année des dizaines de milliers de visiteurs. Encore faut-il bien la choisir au rayon.
Comment choisir un chrysanthème qui fleurira jusqu’en décembre ?
Un chrysanthème bien choisi fleurit de septembre à décembre, à condition de viser un pot chargé de boutons encore fermés plutôt qu’une plante déjà épanouie, qui aura fané avant la mi-novembre. Rustique jusqu’à -4 °C selon la fiche d’un pot vendu 7,99 € chez Truffaut, il supporte le début de l’hiver. Quatre points se vérifient au rayon :
- les boutons : une majorité de têtes encore fermées, simplement colorées à leur extrémité ;
- le feuillage : vert jusqu’à la base, sans feuilles jaunies ni taches brunes ;
- la motte : ni détrempée, ni sèche au point de se décoller des parois du pot ;
- le diamètre : de 9 à 23 cm pour un pot simple, jusqu’à 50 cm pour les coupes et jardinières.
Le prix varie dans un rapport de un à vingt, de 1,49 € le pot en supermarché à plus de 30 € pour une composition de jardinerie, d’après le relevé publié par Infos Yvelines. Un pot plus cher ne dure pas forcément plus longtemps : tout se joue ensuite dans l’entretien sur place.
Combien de fois faut-il arroser un chrysanthème sur une tombe ?
Un chrysanthème en pot se contente d’un à deux arrosages par semaine en octobre et en novembre. La terre doit sécher en surface entre deux apports, et l’eau se verse au pied, sans mouiller le feuillage ni les fleurs, qui pourrissent vite par temps humide. Un pot posé en plein soleil sèche plus vite qu’à l’ombre.
Le chrysanthème n’est pas gourmand en eau, mais il lui faut un niveau d’humidité constant pour résister à la chaleur.
Georges Calassa, producteur de chrysanthèmes à Lama (Haute-Corse), interrogé par Corse Net Infos le 26 octobre 2024
Sur une tombe, la pierre renvoie la chaleur des après-midi ensoleillés d’octobre, et un pot qui ne reçoit d’eau qu’à chaque visite souffre davantage qu’au jardin. Une visite par semaine reste le minimum pour tenir le rythme d’un à deux arrosages.
Le froid, lui, ne pose problème qu’au-dessous de -4 °C, le seuil de rusticité indiqué par le vendeur. Au-delà, la floraison n’est plus garantie, et la question du budget se pose pour l’année suivante.
Ce que coûte le fleurissement de la Toussaint à un foyer
Les dépenses de Toussaint en végétaux ont atteint 124,1 millions d’euros en 2024, presque autant qu’en 2023. Le budget moyen d’un foyer acheteur est tombé à 29,40 €, contre 33 € un an plus tôt, pour 3,6 plantes en moyenne. Le tableau croise les lieux d’achat mesurés par Kantar et les prix relevés en rayon :
| Lieu d’achat | Part des achats en 2024 | Évolution sur un an | Prix relevés |
|---|---|---|---|
| Jardinerie | 28 % | stable | de 4 à 35 € |
| Grande distribution | 25 % | -1 point | dès 1,49 € |
| Fleuriste | 17 % | -3 points | dès 20 €, livraison comprise |
| Producteur | 16 % | +3 points | non relevé |
À 29,40 € pour 3,6 plantes, chaque pot revient en moyenne à un peu plus de 8 €. Renouvelé à l’identique chaque automne, ce fleurissement pèse 294 € sur dix ans, une dépense qui fond dès que les pieds de l’an passé sont conservés.
Peut-on garder son chrysanthème après la Toussaint ?
Oui, le chrysanthème est une vivace qui repart au printemps si on l’aide à passer l’hiver. Il suffit de réduire puis d’arrêter l’arrosage après la floraison, de couper les tiges à 10 cm du sol début décembre, puis de garder le pot hors gel, vers 5 °C, avec un arrosage léger par mois.
D’après les conseils publiés par ConsoGlobe, un garage ou une cave conviennent, la lumière comptant peu jusqu’au début du mois de mars. La coupe attend que les parties aériennes aient séché, signe que la sève est redescendue vers les racines.
En pleine terre, les tiges coupées se protègent sous un paillis de paille, de branches de pin ou de feuilles, à retirer avant qu’il n’étouffe la souche : c’est un bon usage pour les feuilles mortes ramassées au jardin. L’arrosage ne reprend qu’à la fin du mois de mars.
Comment bouturer un chrysanthème pour multiplier ses pots ?
Le bouturage se fait au printemps, sur des tiges vertes de l’année prélevées sur un pied vigoureux. Seules quatre à six feuilles restent au sommet, la tige s’enfonce de 5 cm dans un terreau allégé de fibre de coco, et l’enracinement demande entre trois semaines et un mois sous une cloche.
Les pertes étant fréquentes, ConsoGlobe conseille de préparer deux à trois fois plus de boutures que nécessaire, avec un sécateur désinfecté à l’alcool. Le geste est le même que pour multiplier ses fleurs et arbustes gratuitement, et un seul pied conservé peut fournir plusieurs pots pour l’automne suivant. Les producteurs pratiquent ensuite l’ébourgeonnage deux à trois semaines après la mise en pot, selon Corse Net Infos, pour obtenir des fleurs rondes et denses.
Une fleur de saison qui peut revenir d’une Toussaint à l’autre
Le profil des acheteurs dit beaucoup de la tradition : l’âge moyen de celui qui fleurit une tombe est de 61 ans, et seuls 13,8 % des foyers achètent des végétaux pour l’occasion. La bruyère progresse de 3 points, mais le chrysanthème en gagne encore 4.
Garder un pied d’une année sur l’autre change le rapport à cette plante, vendue à 25 millions d’exemplaires chaque année en France selon Corse Net Infos. Le pot qui a fleuri la tombe en novembre peut retrouver le jardin au printemps, puis revenir au cimetière l’automne suivant, chargé du souvenir de l’année écoulée. Entre la benne de mi-novembre et l’étagère du garage, tout se décide au moment où les tiges commencent à sécher.
