Chute de cheveux : ce qui est normal, ce qui ne l’est pas, et quand consulter

Perdre 50 à 100 cheveux par jour est normal, et l'automne en fait tomber davantage. Chute saisonnière, effluvium après une grossesse, calvitie : comment faire la différence, et quels traitements ont réellement fait leurs preuves.

Femme dans sa salle de bains regardant d'un air soucieux quelques cheveux restés dans un peigne
La chute de cheveux est souvent plus marquée en automne, un pic saisonnier qui se calme en général en quelques semaines.
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Une brosse plus chargée que d’habitude, quelques cheveux sur l’oreiller, une bonde de douche qui se bouche plus vite : chaque automne, la même inquiétude revient chez beaucoup de femmes et d’hommes. Perdre ses cheveux est pourtant un phénomène naturel, qui se produit tous les jours, et le plus souvent sans aucune conséquence sur la chevelure.

La frontière entre une chute normale et une chute qui mérite un avis médical n’est pas toujours facile à tracer. Entre la chute saisonnière, celle qui suit une grossesse ou un choc, et les calvities qui s’installent lentement, les causes et les solutions n’ont rien à voir. Combien de cheveux perd-on normalement, et quand faut-il vraiment s’inquiéter ?

Combien de cheveux perd-on normalement par jour ?

Perdre entre 50 et 100 cheveux par jour est tout à fait naturel, rappelle le site Dermato-Info de la Société française de dermatologie. Le cuir chevelu en compte environ 100 000, qui se renouvellent en permanence : chaque cheveu tombé est normalement remplacé par un nouveau.

Ce renouvellement suit un cycle en trois phases. Selon des travaux de recherche publiés en 2003, la phase de croissance dure en moyenne trois ans, suivie d’une courte transition de trois semaines, puis d’une phase de repos d’environ trois mois au terme de laquelle le cheveu tombe. À tout moment, environ 85 % des cheveux poussent et 15 % sont au repos.

Ces moyennes varient d’une personne à l’autre et d’une saison à l’autre. Le chiffre de 100 cheveux par jour sert surtout de repère : c’est la durée et l’évolution de la chute qui comptent, plus qu’une journée où la brosse paraît chargée.

Pourquoi perd-on plus de cheveux en automne ?

La chute est souvent plus marquée au printemps et surtout en automne, note Dermato-Info. Ce pic saisonnier, observé chez de nombreuses personnes, correspond à un renouvellement plus intense et ne laisse pas de zones dégarnies. Il se calme en général en quelques semaines.

Il n’appelle ni traitement ni cure particulière. Un brossage doux, un shampoing adapté et un peu de patience suffisent, et la chevelure retrouve sa densité sans intervention. Les cures vendues en pharmacie à cette période relèvent le plus souvent du confort, comme le rappelle notre article sur les compléments alimentaires du rayon bien-être. D’autres chutes, plus brutales, ont une cause bien identifiable.

Qu’est-ce que l’effluvium télogène ?

L’effluvium télogène est une chute diffuse et abondante qui survient deux à trois mois après un événement déclencheur : accouchement, forte fièvre, opération, choc émotionnel ou régime sévère. De nombreux cheveux passent en même temps en phase de repos, puis tombent ensemble quelques semaines plus tard.

Après un accouchement, la chute apparaît le plus souvent à partir de la sixième semaine, parfois plus tard en cas d’allaitement, selon Dermato-Info. Ce décalage explique qu’on relie rarement la chute à sa cause. Dans la grande majorité des cas, cette chute est réversible, et les cheveux repoussent en quelques mois.

Une carence en fer, fréquente chez la femme, ou un trouble de la thyroïde peuvent aussi provoquer une chute diffuse. Ces causes se vérifient facilement par une prise de sang, ce qui justifie de ne pas multiplier les produits sans avis médical quand la chute se prolonge.

Quand faut-il consulter un dermatologue ?

Une consultation s’impose quand la chute dure plus de quelques mois ou laisse apparaître des zones clairsemées, et sans attendre en cas de plaques sans cheveux, de démangeaisons ou de douleurs du cuir chevelu. Le dermatologue dispose de plusieurs examens pour en trouver la cause :

  • la dermoscopie, un examen du cuir chevelu à la loupe grossissante ;
  • le trichogramme, qui analyse les racines d’un échantillon de cheveux ;
  • un bilan sanguin des réserves en fer, la ferritine, et de la vitamine B12 ;
  • un bilan hormonal chez la femme dont les règles sont irrégulières.

Ces examens permettent de distinguer une chute temporaire d’une alopécie androgénétique, la forme la plus fréquente de calvitie. Selon Dermato-Info, elle touche environ un homme sur deux à 50 ans, 15 % des hommes dès 20 ans, et environ une femme sur cinq à 40 ans, chez qui elle prend plutôt la forme d’un éclaircissement du sommet du crâne.

Quels traitements ont fait leurs preuves ?

Deux médicaments ont démontré leur efficacité : le minoxidil en application locale et le finastéride par voie orale, réservé aux hommes. Le dermatologue Philippe Assouly, du centre Sabouraud de l’hôpital Saint-Louis, l’expliquait sans détour lors d’un entretien en questions-réponses.

Deux traitements peuvent donner des résultats dans la chute des cheveux. Tout d’abord un traitement local : le minoxidil à 2 ou 5 %, et un produit par voie générale : le finastéride. Ce sont les deux seuls produits efficaces.

Dr Philippe Assouly, dermatologue au centre Sabouraud de l’hôpital Saint-Louis (Paris), entretien pour Allo Docteurs (France 5), mis à jour le 25 août 2015

Le minoxidil s’applique deux fois par jour, dosé à 5 % chez l’homme, à 2 % ou 5 % chez la femme. Son effet s’évalue après trois à quatre mois d’application : environ un tiers des patients constatent une repousse et un autre tiers une stabilisation. Non remboursé, contre-indiqué pendant la grossesse, il provoque parfois une chute passagère au début, et la chute reprend à l’arrêt. Le finastéride stabilise ou améliore la situation dans environ 90 % des cas, mais des effets indésirables psychiatriques et sexuels ont été signalés.

Une chute qui se regarde dans la durée

La plupart des chutes qui inquiètent à l’automne s’arrêtent d’elles-mêmes, et la meilleure réponse est souvent d’observer sur quelques semaines plutôt que d’accumuler lotions et cures. Noter le début de la chute, un événement survenu deux ou trois mois plus tôt, l’aspect du cuir chevelu, aide beaucoup le médecin si la situation se prolonge.

Pour les calvities installées, les traitements médicaux demandent de la constance et ne font pas de miracle ; certains envisagent alors une solution chirurgicale, dont nous avons détaillé les enjeux dans notre article sur la greffe de cheveux. Entre ces options, accepter une chevelure qui change avec l’âge reste aussi un choix, que beaucoup font plus sereinement une fois rassurés sur la cause.

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