Allaitement à Nantes et en Loire-Atlantique : où trouver de l’aide pour bien démarrer

Sept bébés sur dix sont allaités à la maternité, bien moins deux mois plus tard. Entre PMI, sages-femmes, groupes de mères et lactarium, la Loire-Atlantique dispose pourtant d'un vrai réseau de soutien.

Mères allaitant leurs bébés assises en cercle lors d'une réunion de soutien, une animatrice prenant des notes
Cinq groupes La Leche League et les puéricultrices de PMI accompagnent gratuitement les mères qui allaitent en Loire-Atlantique.
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À la maternité, tout semble simple : une sage-femme passe, corrige une position, rassure. De retour à la maison, les questions arrivent souvent la nuit, quand plus personne n’est là pour y répondre. L’allaitement est un geste naturel, mais il s’apprend, se rode et se soutient, surtout pendant les premières semaines.

En France, sept bébés sur dix environ sont allaités à la sortie de la maternité, et la proportion chute nettement dans les deux mois qui suivent. Cet écart tient souvent moins à un choix qu’à des difficultés restées sans réponse. À Nantes et en Loire-Atlantique, un réseau d’aide gratuit existe pourtant, encore mal connu des jeunes parents. Où le trouver, et à quel moment faire appel à lui ?

Combien de temps est-il recommandé d’allaiter ?

L’Organisation mondiale de la santé recommande un allaitement exclusif pendant les six premiers mois, une mise au sein dans l’heure qui suit la naissance et une poursuite jusqu’à deux ans ou plus, avec d’autres aliments. Ce sont des repères de santé publique, pas une obligation.

La France reste loin de ces objectifs. Selon l’enquête nationale périnatale de 2021, 56,3 % des nouveau-nés sont allaités exclusivement à la maternité et 13,4 % de façon mixte ; à deux mois, ils ne sont plus que 34,4 % en allaitement exclusif. L’étude Épifane de Santé publique France note cependant une nette progression de la durée médiane, passée de 15 à 20 semaines entre 2012 et 2021.

Les bénéfices pour l’enfant sont bien établis. Lors de la publication d’une série d’études de la revue The Lancet consacrée à l’allaitement, la pédiatre Catherine Salinier rappelait que les bébés nourris au sein font moins de bronchiolites, de gastro-entérites et d’otites. Elle le résumait d’une formule sans détour, qui vaut encore aujourd’hui.

Les bébés allaités sont dans un meilleur état nutritionnel, c’est un fait.

Dr Catherine Salinier, pédiatre et ancienne présidente de l’Association française de pédiatrie ambulatoire, sur Europe 1, 29 janvier 2016

Comment savoir si l’allaitement démarre bien ?

Un bébé qui tète bien avale régulièrement, respire sans difficulté et garde les joues pleines : le site public des 1000 premiers jours indique qu’il peut téter entre 8 et 12 fois par 24 heures, à la demande, et rappelle qu’allaiter ne doit pas faire mal.

La durée des tétées varie beaucoup d’un bébé à l’autre. Santé.fr considère qu’une tétée de moins de cinq minutes est probablement trop courte, et qu’au-delà de 30 à 45 minutes elle est sûrement trop longue. Les déglutitions audibles, les couches mouillées et la courbe de poids restent les meilleurs indicateurs.

Les difficultés les plus fréquentes, crevasses ou engorgement, viennent souvent d’une prise du sein imparfaite. Elles se corrigent bien quand une personne formée observe une tétée, ce qui suppose de savoir vers qui se tourner, et de le faire tôt. Pour les gestes de base, on peut aussi relire nos conseils pratiques pour bien allaiter.

Vers qui se tourner à Nantes et en Loire-Atlantique ?

Plusieurs interlocuteurs gratuits ou remboursés couvrent le département : sages-femmes, puéricultrices de PMI, groupes associatifs et, pour les situations particulières, le lactarium du CHU de Nantes. Chacun répond à un besoin différent :

  • la sage-femme libérale ou de maternité, pour les visites à domicile après la sortie et les premières difficultés ;
  • les infirmières-puéricultrices de PMI du Département, qui proposent des consultations allaitement gratuites en espace départemental des solidarités ou à domicile, sur rendez-vous ;
  • les cinq groupes La Leche League du département, à Nantes, La Chevrolière, Grandchamp-des-Fontaines, Cordemais et Gorges, pour échanger avec d’autres mères ;
  • les consultantes en lactation certifiées IBCLC, recensées dans un annuaire national, pour les situations plus complexes ;
  • le lactarium Jacques-Grislain du CHU de Nantes, qui collecte le lait des mères d’enfants de moins d’un an dans un rayon de 100 km.

Le Département recommande de contacter directement son espace départemental des solidarités pour obtenir un rendez-vous avec une puéricultrice, ou pour connaître les ateliers collectifs organisés près de chez soi. Les groupes La Leche League, animés par des bénévoles formées, se réunissent sur place ou en ligne selon les antennes.

Que prévoit la loi pour allaiter en reprenant le travail ?

Le Code du travail accorde à la salariée qui allaite une heure par jour pendant un an à compter de la naissance, prise sur le temps de travail, en vertu de l’article L1225-30. Elle peut l’utiliser pour allaiter ou tirer son lait, selon les modalités prévues par l’employeur ou la convention collective.

Cette disposition reste largement méconnue, et elle n’est pas toujours rémunérée : tout dépend de la convention collective. En parler avant la fin du congé, avec son employeur ou les ressources humaines, permet d’organiser les pauses et un lieu adapté plutôt que de les négocier dans l’urgence le jour du retour. Les consultations de PMI peuvent aider à préparer le tire-lait et la conservation du lait.

Le lactarium du CHU de Nantes joue aussi un rôle à ce moment-là. Ouvert du lundi au vendredi, il accompagne les mères qui souhaitent donner leur lait et collecte à domicile en Loire-Atlantique, dans le Maine-et-Loire, le Morbihan et la Vendée. Ce lait est destiné en priorité aux nouveau-nés prématurés ou hospitalisés, pour qui il représente un apport précieux lorsque leur mère ne peut pas allaiter.

Un soutien qui se construit avant la naissance

Le moment le plus utile pour repérer ces ressources se situe souvent avant l’accouchement. Participer à une réunion de groupe pendant la grossesse, noter le numéro de son espace départemental et celui d’une sage-femme libérale évite de chercher dans la précipitation, un nouveau-né dans les bras.

Ces lieux dépassent d’ailleurs la seule question du lait. On y croise d’autres parents, on y compare des nuits, on y découvre parfois d’autres activités proposées par la PMI, comme les ateliers de massage bébé en Loire-Atlantique. Allaiter longtemps ou quelques semaines se décide alors plus sereinement, entouré plutôt que seule devant ses doutes.

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