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- Quelles sont les heures creuses entre novembre et mars ?
- Pourquoi les heures creuses quittent-elles le matin et le soir ?
- Ballon d’eau chaude, lave-vaisselle, sèche-linge : les postes qui se décalent
- À partir de quelle part d’heures creuses l’option devient-elle rentable ?
- Faut-il reprogrammer ses appareils quand les plages changent ?
- Au printemps, le retour des heures creuses de l’après-midi
Le ballon d’eau chaude qui se met à chauffer en pleine nuit, le lave-vaisselle programmé juste avant d’éteindre la lumière : ces réflexes reposent sur une option tarifaire choisie par des millions de foyers. Selon la Commission de régulation de l’énergie, environ 14,5 millions de clients disposaient en 2025 d’une option heures pleines et heures creuses, qui accorde chaque jour 8 heures de kilowattheures moins chers.
Le principe tient en une phrase : payer l’électricité un peu plus cher aux heures où tout le monde en consomme, et moins cher quand le réseau respire. Ce qui bouge aujourd’hui, c’est la carte de ces heures moins chères, redessinée pour suivre la production solaire et appliquée compteur par compteur jusqu’à la fin de 2027. De quoi bousculer des habitudes prises depuis des années. À quelle heure vaut-il mieux lancer ses appareils en hiver, et l’option rapporte-t-elle encore quelque chose ?
Quelles sont les heures creuses entre novembre et mars ?
Entre le 1er novembre et le 31 mars, les heures creuses se concentrent surtout la nuit, avec au moins 5 heures consécutives entre 23 h et 7 h. Jusqu’à 3 heures peuvent s’y ajouter entre 11 h et 17 h, le total restant de 8 heures par jour, comme le rappelle la fiche du service public sur les nouvelles plages.
Chez EDF, les modifications s’échelonnent du 4 novembre 2026 au 30 novembre 2027, et chaque client est prévenu au moins un mois avant que ses plages ne changent. Les abonnés arrivés depuis le 6 octobre 2026 reçoivent d’office ces plages saisonnières, tandis que ceux déjà basculés entre novembre 2025 et mai 2026 gardent les leurs. L’option Tempo, la Corse et l’outre-mer restent en dehors du dispositif.
Toutes vos heures creuses pourront être regroupées la nuit, par exemple de 23h à 7h.
EDF, courrier adressé aux clients dont les heures creuses changent à partir du 4 novembre 2026, cité par Selectra le 26 octobre 2026
Pour connaître ses propres créneaux, l’espace client du fournisseur reste la référence, puisque la plage exacte n’est pas la même pour tous les compteurs. Ce découpage ne doit rien au hasard : il suit une courbe de production d’électricité qui a beaucoup changé en quelques années.
Pourquoi les heures creuses quittent-elles le matin et le soir ?
Les heures creuses quittent le matin et le soir parce que l’électricité abonde désormais en milieu de journée, grâce au solaire. Les anciennes plages de 7 h à 11 h et de 17 h à 23 h disparaissent progressivement depuis novembre 2025, au profit d’heures creuses saisonnalisées, plus nombreuses l’après-midi entre avril et octobre.
D’après les chiffres publiés par la CRE en février 2025, 13,1 millions de foyers doivent à terme disposer d’heures creuses sur deux périodes, l’après-midi et le cœur de la nuit, au moins en été. Dans le même temps, seuls 1,4 million de foyers garderont des heures creuses uniquement nocturnes. L’hiver, le soleil faiblit et la logique revient vers la nuit, ce qui change surtout la façon de répartir les appareils capables d’attendre.
Ballon d’eau chaude, lave-vaisselle, sèche-linge : les postes qui se décalent
Tous les appareils ne se prêtent pas au jeu, et le gain dépend du nombre de kilowattheures qu’on peut réellement déplacer. Les consommations annuelles moyennes publiées par l’ADEME dans son guide de décembre 2024 donnent la mesure de ce qui bascule :
- le chauffe-eau électrique de 200 litres, avec 1 264 kWh par an, soit environ 201 € payés en heures creuses contre 271 € en heures pleines ;
- le sèche-linge de 7 kg, avec 181 kWh par an, qu’un départ différé suffit à caler sur la nuit ;
- le lave-vaisselle de 12 couverts, avec 141 kWh par an, dont le programme éco de plus de trois heures se termine sans peine avant le réveil ;
- le lave-linge, que l’ADEME ne chiffre pas à l’année, mais dont un lavage à 30 °C consomme environ deux fois moins qu’à 60 °C.
Sur ces postes, le ballon pèse à lui seul près de neuf fois plus que le lave-vaisselle. Le sèche-linge se discute avant même la question de l’horaire, car étendre dedans a aussi son prix, comme le montre ce que coûte l’étendoir en hiver. Encore faut-il que ces volumes suffisent à rentabiliser l’option.
À partir de quelle part d’heures creuses l’option devient-elle rentable ?
L’option devient rentable dès que plus de 25,5 % de la consommation tombe en heures creuses, aux prix du Tarif bleu du 1er août 2026. Le kilowattheure y coûte 0,2142 € en heures pleines et 0,1589 € en heures creuses, contre 0,2001 € en option Base, pour un abonnement 6 kVA identique. Trois foyers types montrent l’écart.
| Foyer type | Part en heures creuses | Option Base | Option heures creuses | Bilan de l’option heures creuses |
|---|---|---|---|---|
| 3 000 kWh, eau chaude non électrique, machines la nuit | 10,7 % | 600,30 € | 624,79 € | 24,49 € de plus |
| 5 000 kWh, ballon et machines la nuit | 31,7 % | 1 000,50 € | 983,29 € | 17,21 € de moins |
| 5 000 kWh, 2 000 kWh décalés | 40 % | 1 000,50 € | 960,40 € | 40,10 € de moins |
Les consommations totales sont posées comme hypothèses, les volumes décalés reprennent les moyennes de l’ADEME et les prix la grille relevée par Kelwatt, abonnement exclu puisqu’il est le même dans les deux options. Sans chauffe-eau électrique, l’option coûte plus qu’elle ne rapporte : les seules machines ne pèsent pas assez lourd pour compenser des heures pleines plus chères de 1,41 centime par kilowattheure.
Avec un ballon qui chauffe la nuit, le gain existe mais reste modeste, de 17 à 40 € par an dans ces exemples. Chaque appareil déplacé vers la nuit améliore ce bilan, à condition que la machine démarre réellement au bon moment, ce qui n’a plus rien d’automatique quand les plages bougent.
Faut-il reprogrammer ses appareils quand les plages changent ?
Oui pour tout appareil doté de sa propre horloge, non pour ceux qui obéissent au contacteur du compteur. Le ballon relié au contacteur jour/nuit du Linky suit seul les nouvelles plages, alors qu’un lave-vaisselle à départ différé ou une recharge de voiture programmée garde l’ancien horaire tant qu’on ne le modifie pas.
Le changement est annoncé au moins un mois à l’avance, ce qui laisse le temps de vérifier les réglages. Dans le cas du lave-vaisselle, le départ différé est plafonné à 24 heures par le règlement européen, avec une consommation limitée à 4 W pendant l’attente, de quoi viser sans difficulté un créneau qui s’ouvre à 23 h. Un thermostat ou une prise programmable mérite le même coup d’œil.
Un dernier repère aide à trier ce qui peut attendre : l’ADEME recommande d’éviter les pointes de 7 h à 11 h et de 18 h à 20 h, quand le réseau est le plus sollicité. Pour un compteur déjà passé aux nouvelles plages, une lessive lancée à 19 h tombe en heures pleines et en pleine pointe, quand la même machine programmée à minuit coûte moins cher et soulage le réseau. Cette logique de calendrier ne s’arrête pas au 31 mars.
Au printemps, le retour des heures creuses de l’après-midi
Le 1er avril 2027, les créneaux de l’après-midi reviendront pour les clients déjà basculés, avec 2 à 3 heures creuses entre 11 h et 17 h. Le lave-vaisselle programmé pour minuit tout l’hiver pourra alors tourner après le déjeuner, au moment où les panneaux solaires produisent le plus. Une option pensée pour la nuit devient peu à peu un rendez-vous qui change avec les saisons.
Ce double calendrier pose une question simple au moment de relire sa facture d’électricité : quelle part de la consommation glisse vraiment en heures creuses ? La facture sépare les kilowattheures des deux périodes, et c’est ce rapport, bien plus que l’habitude, qui tranche. Dans un logement où le chauffe-eau électrique a cédé la place au gaz ou au solaire, le seuil de 25,5 % peut se trouver hors d’atteinte sans que personne ne l’ait remarqué.
