5 exercices efficaces pour éviter les fourmillements dans les mains

Fourmillements dans les mains : d'où ils viennent, cinq exercices simples pour dénouer poignets et doigts, les bons gestes au quotidien et les signes qui doivent amener à consulter.

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Ce picotement soudain qui envahit la main, cette sensation de fourmis courant sous la peau, tout le monde l’a déjà ressenti après être resté trop longtemps dans une mauvaise position. On parle de paresthésie : un trouble passager de la sensibilité lié à un nerf comprimé ou à une circulation ralentie. La plupart du temps, c’est bénin et cela s’efface en quelques secondes.

Le phénomène devient gênant quand il se répète, réveille la nuit ou s’installe pendant les gestes ordinaires : tenir un téléphone, taper au clavier, tricoter, conduire. Chaque main mobilise 27 os et une trentaine de muscles, et cette mécanique fine est la première à envoyer un signal d’alerte quand un nerf se trouve comprimé.

Comment desserrer cette gêne sans matériel, chez soi, et surtout éviter qu’elle ne revienne jour après jour ?

D’où viennent ces fourmillements dans les mains

Deux grandes familles de causes se partagent le terrain. La première est nerveuse : un nerf coincé quelque part sur son trajet, du cou jusqu’au bout des doigts, brouille le message sensitif. Le cas le plus connu est le syndrome du canal carpien, où le nerf médian est comprimé au poignet et provoque des fourmillements sur les trois premiers doigts de la main, pouce, index et majeur.

La seconde famille est circulatoire. Quand le sang circule mal, faute de mouvement ou à cause d’une position qui écrase un vaisseau, la main s’endort. Dormir sur son bras, garder un coude plié trop longtemps ou serrer un outil sans relâche suffit à déclencher la sensation. Selon l’Assurance maladie, ces troubles surviennent souvent la nuit et se dissipent en secouant la main.

Bonne nouvelle, la situation n’a rien de figé. Les symptômes du canal carpien régressent spontanément dans environ un tiers des cas, notamment après une grossesse. Reste à savoir ce que l’on peut faire soi-même pour aider ses mains à retrouver leur légèreté.

Cinq exercices pour dénouer les poignets et les doigts

Pratiqués en douceur, quelques mouvements ciblés relâchent les tendons, font coulisser les nerfs et relancent la circulation. Ils tiennent en cinq minutes et se glissent dans n’importe quelle pause. Voici cinq exercices à répéter chaque jour :

  1. l’étirement du poignet : bras tendu devant soi, paume vers l’avant, tirer doucement les doigts vers soi avec l’autre main et tenir dix à quinze secondes ;
  2. le glissement du nerf : fermer le poing puis déplier les doigts en fléchissant et en étendant le poignet, pour faire coulisser le nerf médian dans son canal ;
  3. la flexion des doigts : ouvrir grand la main puis refermer le poing lentement, une dizaine de fois, afin de mobiliser chaque articulation ;
  4. la position de la prière : paumes jointes devant la poitrine, descendre les mains vers la taille sans les décoller, jusqu’à sentir l’étirement gagner les avant-bras ;
  5. les rotations de relâchement : faire tourner les poignets dans un sens puis dans l’autre, avant de secouer les mains quelques secondes pour chasser l’engourdissement.

Trois à cinq répétitions de chaque mouvement suffisent, sans jamais forcer : un exercice ne doit pas réveiller la douleur. Ces gestes complètent un avis médical, ils ne le remplacent pas, surtout si la gêne s’installe dans la durée.

Bien s’installer pour ne pas réveiller la gêne

Les exercices agissent mieux quand l’environnement cesse d’agresser les poignets. Au bureau comme à la maison, garder l’avant-bras dans le prolongement de la main, sans casser le poignet vers le haut ni vers le bas, change déjà beaucoup. Une souris trop plate, un clavier trop haut ou un plan de travail mal réglé entretiennent la compression du nerf jour après jour.

Les mouvements répétitifs et les postures contraignantes sont si fréquents que le syndrome du canal carpien figure parmi les troubles reconnus comme maladie professionnelle. Il touche chaque année près de 229 femmes et 143 hommes pour 100 000 habitants, un écart qui tient en partie à des facteurs hormonaux et à certains métiers manuels.

Varier les gestes reste le meilleur réflexe. Faire une pause toutes les heures, alterner les tâches, poser les outils quelques instants : le poignet récupère dès qu’on lui en laisse l’occasion. Quand une seule main est touchée elle le reste souvent, mais l’atteinte des deux côtés concerne tout de même près de 20 % des personnes opérées.

Quand les fourmillements doivent alerter

La plupart des fourmillements sont sans gravité, mais certains signes méritent qu’on s’y attarde plutôt que de les ignorer. Le tableau ci-dessous relie chaque sensation à ce qu’elle peut traduire et au réflexe adapté pour ne pas laisser traîner :

Signe ressentiCe que cela peut indiquerLe bon réflexe
Picotement bref après une postureCompression passagère et bénigneBouger la main, changer de position
Fourmillements nocturnes répétésPossible syndrome du canal carpienEn parler à son médecin traitant
Objets qui glissent, perte de forceAtteinte nerveuse plus avancéeConsulter sans tarder
Engourdissement brutal d’un seul côtéCause à explorer rapidementDemander un avis médical rapide

Une perte de force qui fait lâcher les objets, ou une décharge électrique remontant parfois vers l’avant-bras, sont les signaux qui doivent conduire à consulter. L’examen clinique, centré sur les trois ou quatre premiers doigts et complété si besoin d’un électroneuromyogramme, permet de mesurer précisément l’atteinte du nerf avant qu’elle ne s’installe.

Des mains que l’on gagne à ménager

On ne mesure l’importance de ses mains que le jour où elles se rappellent à nous. Nos deux mains réunissent 54 os, soit près du quart des 206 os du corps humain, et cette richesse mécanique sert des gestes minuscules : ouvrir un bocal, boutonner une chemise, écrire un mot. Leur accorder cinq minutes d’attention par jour, c’est préserver une autonomie précieuse pour longtemps.

La main est l’instrument des instruments.

Aristote, De l’âme (De Anima), IVe siècle av. J.-C.

Prendre soin de cet outil hors pair ne réclame ni salle de sport ni équipement, seulement un peu de régularité et de l’attention portée aux premiers signaux. Écouter ses mains lorsqu’elles fourmillent, c’est déjà leur rendre une part de la liberté qu’elles offrent à chaque instant.

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